Insertion et emploi

Les emplois créés par la Régie s’inscrivent dans une démarche de construction de parcours de promotion sociale et de sortie vers un emploi durable. L’accord collectif national des Régies de quartier fixe le cadre de la politique d’embauche.

L’insertion des personnes revêt plusieurs formes :

• mise en place de parcours dans le cadre des mesures d’insertion (emplois d’insertion CDDI, contrat d’activité, contrat d’accompagnement dans l’emploi…) ;
• des contrats de travail de droit commun avec les aides à l’emploi (CIE, emploi tremplin du Conseil régional, contrat jeune en entreprise…) ;
• des contrats de travail de droit commun non aidés, à temps plein ou à temps partiel, selon la législation en vigueur.

Les parcours:

— Par Salma Sarwar

L’habit ne fait pas le moine. Mamadou Bamba, Ivoirien de 45 ans est salarié à la régie de quartier Paris-centre, une association dont le but est d’améliorer le cadre de vie local en y associant les habitants. S’il occupe un poste d’agent de voirie, son métier d’origine est couturier. Il troque alors volontiers sa tenue fluo contre une machine à… coudre !

L’habit ne fait pas le moine. Mamadou Bamba, Ivoirien de 45 ans est salarié à la régie de quartier Paris-centre, une association dont le but est d’améliorer le cadre de vie local en y associant les habitants. S’il occupe un poste d’agent de voirie, son métier d’origine est couturier. Il troque alors volontiers sa tenue fluo contre une machine à… coudre !

Régie de quartier Paris Centre Atelier de couture hebdomadaire

La mise en place d’un atelier de couture gratuit, deux mercredis par mois, au sein de l’association, lui a permis de perpétuer son savoir-faire. « Quand je vois les femmes qui viennent apprendre, je suis content, je leur enseigne à ma manière », confie-il. Et quand pour certains les temps sont durs, pour lui, la crise est quasi inexistante, « être actif au sein de la société reste une priorité ».
Son histoire commence en Côte d’Ivoire. Tout jeune déjà, Mamadou se passionne pour la couture, son esprit est hanté par « Mangala », une héroïne d’un film indien de l’époque, dont les tenues, les tissus, et les couleurs le font rêver.
S’il observe aussi sa mère, couturière, c’est une expatriée portugaise qui lui enseignera les bases du métier. L’expérience ne dure pas, lorsque celle-ci quitte l’Afrique. Par la suite, il travaille dans l’atelier d’une libanaise : « Elle connaissait mon envie d’apprendre, elle me voyait quand je venais chercher les boutons à personnaliser pour les clientes ». Mais après le décès de celle-ci, » je pensais que le ciel était tombé sur moi. Pourquoi moi ? C’est là que je me suis motivé à quitter le pays », se souvient-il, les sanglots dans la gorge et les yeux remplis de larmes.

À 18 ans, ses économies en poche, il débarque alors en France. Il commence par de la confection auprès des professionnels, comme le styliste pakistanais Bhatti, mais aussi des turcs ou des yougoslaves. De fil en aiguille, cinq ans plus tard, cet africain nostalgique ouvre sa boutique et organise un défilé de boubous. La vie dont il rêve débute : » Tout était beau, tout était magnifique ! ». Sa persévérance est valorisée, il est invité à participer à l’émission de la cinéaste Yamina Benguigui, « Place de la République » sur France 3, qui avait pour but de présenter les initiatives en matière d’intégration des immigrés.

Mais toute bonne chose a une fin ; la vie de cet ancien créateur bascule avec l’arrivée des chinois sur le marché et leurs prix défiants toute concurrence…
En 2002, il dépose le bilan. Cet ambitieux ne baisse pas les bras pour autant, il participe aux concours des jeunes créateurs. Il échoue, par manque de qualification, « le problème est que je n’avais pas fait d’école en France », avoue t-il. Il sera tout de même sollicité par l’un des ses compatriotes, un grand couturier africain. Le célèbre Nigérien Al Fadi lui propose alors de l’accompagner dans le désert du Niger pour l’organisation d’un défilé. Cette expérience inoubliable sera réitérée une deuxième fois pour le plus grand bonheur de Monsieur Bamba.

Au retour, l’inscription à Pôle Emploi coule de source. Son curriculum vitae intéresse des entreprises chinoises mais ce grand émotif refuse : « Je ne voulais pas tout recommencer en Chine, je ne connais pas la langue ni personne là-bas ».
Il accepte alors le poste dans la régie de quartier, « dans la vie, il ne faut pas regretter, il faut aller de l’avant » car cela permet de manger, s’habiller et de rester actif.

Pour celui qui ne souhaite pas comparer sa situation d’autrefois à celle d’aujourd’hui, l’argent est comme un étranger: « Aujourd’hui ici, demain là-bas ! » Pour lui, la crise n’existe pas, il préfère avoir un emploi plutôt que rien. Et sa métaphore en terme de salaire en dit long sur son vécu, « Il y a le sixième étage et il y a le premier », sourit-il, avec un brin de sagesse…

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